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Les titres des planches de ses relais rivalisent de poésie. On imagine la maison Guerlain se les approprier pour nommer un de ses parfums : Neige de nuit à Kambara, Brume matinale à Mishima, Averse à Shôno, Pluie de Tora . Qui dit relais, dit village, auberge, maisons de thés et leurs acteurs mais toujours pris dans le paysage alentour. Pour goûter tranquillement les cinquante-trois relais du Tôkaïdô, aller faire une tour sur le site de la BNF (cliquer sur les lettres roses). Non seulement vous apprendrez l'essentiel sur Hiroshige, mais vous pourrez feuilleter la série, à votre rythme. Bon voyage. C.C.
Hiroshige a autant influencé Van Gogh que Claude Monnet qui, comme lui saisiront sur le vif des scènes de genre où les personnages sont traités sur un mode synthétique. La ressemblance s'arrête là. Les anonymes portraiturés par l'artiste japonais se distinguent en effet de ceux représentés par les Impressionnistes. Ils se fondent dans le paysage — seul propos d'Hiroshige, suivant à la lettre les principes du shintoïsme. Célébrer la nature dans tous ses aspects saisonniers ne signifie pas la vider de l'humain et de ses activités mais de ne pas leur donner le premier rôle. Dans ces « Cinquante-trois relais du Tôkaidô», « route de la mer de l’Est » ouverte sur l’océan Pacifique et longue d’environ cinq cents kilomètres, qui reliait Edo (Tokyo) à Kyoto, on suit précisément les pérégrinations des voyageurs, par tous les temps, dans un décor de montagne, de mer et de bois souvent hostiles. Hiroshige peint monts et falaises à la façon du shanshui des Chinois — alternance de vide et de plein.
Hiroshige L'art du voyage Pinacothèque de Paris